Dans la course à pied comme dans la vie il y a deux catégories de personnes. Il y a les marathoniennes et les autres. Soit en réalité celles qui ne savent qu'aller trop vite, qui s'essoufflent, et qui embrassent les haies. Nous restons de braves personnes, mais des professionnelles des loupés, des échecs en bois d'acajou, des forfaits sans engagement.

 

Pour commencer une jolie métaphore. Les coups d'un soir c'est un peu comme les règles. Au début ça arrive sans prévenir et puis ça devient régulier, même bien trop souvent qu'on le voudrait. Alors t'es plutôt ravie le premier jour, enfin surtout rassurée de savoir que tout fonctionne chez toi, et puis après tu douilles les quatre qui suivent.

Quand tu sens que tu dépéris parce, que tu prends sur toi mais que tu ne prends personne sur toi:

Première chose, pour enterrer la hache de guerre il va falloir enterrer la H20. Soit s'en aller joyeusement noyer sa solitude dans le triangle des Bermudes. L'Etat d'ébriété, c'est le doux pays où il fait bien bon vivre à 40°.

Dans les cas les plus difficiles, il te sera toujours possible de rencontrer cette personne sur le chemin en rentrant chez toi, ou bien te réveiller à ses côtés dans un endroit qu'il faudra rapidement déterminer à ton réveil.

 

 Les années passent et ce type de rencontre vont pour toi inexorablement se succéder. Il faut dès lors, pour le bien-être de ton esprit et surtout pour faire de ces perles une jolie parure à arborer toujours fièrement, établir la nomenclature de tous ces un-con-nu. Dans un coquet tableur excel, tu te verras référencer leurs noms (parmi quelques John Doe), leur numéro (quand tu ne l'auras pas supprimé parce que si ça t'avait pourtant semblé être une excellente idée sur le moment), et un code en couleur pour les classer sur l'échelle de Richter.

 

Différents constats peuvent être facilement dégagés, notamment qu'il te faudra faire face à la difficulté qu'ont ces individus à exprimer le fait que non tu ne seras pas the one.

 Sont nominés dans la catégorie «Je suis un homme mais j'ai des fêlures»:

- le classique « Non mais je viens de sortir d'une longue relation, et je ne suis pas prêt à construire quelque chose», (sous-entendu «pas avec toi»).

- le fourbe «Je ne veux pas me mettre en couple pour le moment, mais on peut se voir pour profiter tous les deux, je dis pas que ça peut pas évoluer vers quelque chose de sérieux après, on ne sait jamais».

- la touche internationale «I'm not looking for something serious, so i would just keep going out together spontaniously, there is no need to plan anything ».

- Et enfin celui qui devrait prend ses cliques avant de prendre des claques «si on se voit il n'y aura rien de concret. On peut baiser ensemble mais j'ai pas envie de me poser avec une fille».

 

L'Homme a un don, celui de s'éclipser afin de ne pas avoir à dormir chez toi ou alors pas trop longtemps du moins. Entre les excuses banales et celles qui sortent un peu de l'ordinaire, celles que tu fais semblant de croire et celles qui te laissent perplexes: « Je me sens pas bien, j'ai des remontées, je vais pas vomir chez toi quand même». Le célèbre coup de téléphone inopiné « Quoi, t'es chez les flics, tu as eu accident de voiture? Bon il faut que je te ramène».

Enfin bon, les repas de famille de dernière minute, les gens à amener à l'aéroport, les petites sœurs à amener au cours de solfège et tutti cuenti. Cela peut parfois même amener à sourire «J'ai des problèmes de dos, il faut que je dorme sur un matelas particulier».

 Bon parfois cela peut arriver qu'à bout d'inspiration ils soient légèrement plus clair «T'as pas compris que je ne voulais pas dormir chez toi, j'aurais l'impression de dormir chez ma copine».

 

 DIFFERENTS ENSEIGNEMENTS :

  1. Connaître son prénom c'est mieux

    Sinon ça devient vite «mais si, le mec du jeudi», «non pas lui, celui du bar là ou t'avais vomi». C'est pénible. Donc tu te dois de demander son prénom et de t'en souvenir (c'est le plus difficile). Normalement ce sont des choses qui se font naturellement en société. Ce sera tout-de-suite plus étrange si tu lui fais la réflexion pendant l'acte, et le comble s'il trouve ça marrant de ne pas te le dire.

 2.

L'inconnu est célibataire, c'est mieux aussi

Une condition pas négligeable car tu es ainsi certaine qu'il ne s'enfuira pas en courant sur un sursaut de culpabilité. «Putain...» suivi de «Je peux pas, je suis amoureux», qui t'embrasse fougueusement avant de partir et te laisser à moitié nue chez toi, perplexe.

3.

Ne pas s'attendre à des adieux enflammés

Parfois ça arrive quand même, un beau baiser, agrémenté du «je t'écris» et il ne t'écrira pas, ou «tu m'écris» et il ne te répondra pas.Sinon c'est plutôt la démonstration du phénomène inexplicable du on ne peut pas être plus proche que maintenant et soudain c'est de nouveau un étranger bien étrange. Donc au choix, un bisou sur le front au mieux, voire une bise, ou deux. A quand une tape dans le dos?

 4.

Ne jamais se lancer dans la polémique «Combien de temps tu comptes rester?».

Ce sujet est une implacable impasse, parce que l'individu XY ne fait pas attention à ce détail.

«le temps de baiser.» ou «Tkt ce sera pas long», voire «Je vais pas rester 6H avec toi mais sans abuser non plus». Ou bien il mettra naturellement une alarme sur son téléphone. Oui en effet, il nous fait dessus et on doit le remercier pour le chapeau.

 

5.

Il parlera français, c'est mieux (quoique)

Si tu crois que ce genre de phénomène ne concerne que le français tu es dans l'erreur, ils n'ont pas le même maillot, mais la même passion «I think you're great but...»

La petite nuance étant que ça te sort de la routine quand tu n'es pas habituée, ça dépayse disons : «but are you fertile today?».

 

 

6.

Après son départ, faire le ménage

Surtout parce qu'avec un peu de chance il aura perdu la monnaie qui traînait la veille dans ses poches et qu'il aura disséminée dans le feu de l'action. C'est de bonne guerre!

 

 

Tout n'est pas rosé!

Donc s'il a un goût de reviens-y, et que tu t'entends dire «Si, mais cette fois c'est différent je te jure».

N'oublies pas d'éviter de frapper les trois coups d'une infinie tragédie «S'il-te-plait répond moi Ehoh, un geste suffira Ehoh». Tu serais vite obligée d'admettre qu'il s'en beurre allégrement les noisettes. Ne cède pas à la tentation d'avaler quelques balles de tennis pour t'achever. On ne t'y reprendra plus évidemment!